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La Commission européenne a annoncé ce matin son intention de saisir la Cour de justice de l'Union Européenne, pour qu'elle examine le texte du traité anti-contrefaçon ACTA et détermine si oui ou non, il viole des droits fondamentaux.
L'accord international sur la contrefaçon (ACTA) va donc être scruté par la plus haute Cour, pour savoir si il est, "d'une manière ou d'une autre, incompatible avec les droits fondamentaux et les libertés fondamentales de l'Union européenne, comme la liberté d'expression, d'information ou la protection des données", a expliqué le commissaire au commerce, Karel De Gucht.
Il faut dire que la proposition, très impopulaire, a choqué par la façon dont elle a été rédigée et négociée. Elle prévoit de lutter contre la contrefaçon, en plaçant grosso modo toutes ses formes au même niveau, qu'il s'agisse de fausses montres Rolex ou de téléchargement illégal.
Faire toute la lumière sur ce texte
Des dispositions qui inquiètent de nombreuses personnes, et leur font craindre une censure du Web qui aboutirait à une limitation de la liberté d'expression en ligne. De nombreuses manifestations ont d'ailleurs eu lieu en Europe, y compris en France, pour demander le retrait du texte.
"Je pense que la Commission européenne a la responsabilité de fournir à nos représentants parlementaires et au public les informations les plus détaillées et exactes disponibles. Ainsi, un renvoi permettra à la plus haute Cour d'Europe de clarifier indépendamment la légalité de cet accord", a ajouté M. De Gucht, pour expliquer que le but principal de cet examen était de faire la lumière sur le texte, pour se débarrasser de la "désinformation" afin que le débat soit "basé sur des faits, et non pas sur des rumeurs".
Il a terminé en disant qu'il comprenait les inquiétudes de certains mais que "l'ACTA ne changera en rien la façon dont nous utilisons l'Internet et les sites sociaux aujourd'hui, parce qu'il n'introduit pas de nouvelles règles. ACTA ne fait qu'aider à renforcer des lois déjà existantes". Et d'affirmer : "ACTA ne censurera pas les sites et ne les fera pas fermer, ACTA n'entrevera pas la liberté de l'Internet et la liberté d'expression. Dissipons ce brouillard d'incertitudes".
Source: ICI
Voila une preuve concrète que les choses peuvent bouger, si on bouge son cul.
Dernière modification par Celeste (22/02/2012 18:28:08)
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Je me permet de citer la réaction de La Quadrature du Net, elle est intéressante dans le débat
:
Paris, le 22 février 2012 – La Commission européenne vient d'annoncer [4] son intention de demander l'avis de la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE) sur la conformité d'ACTA avec les libertés fondamentales. Au-delà de l'intention évidente de désamorcer l'intense débat en cours, cette saisine réduit le débat sur ACTA à des questions juridique, alors que le cœur du problème est avant tout politique.
Alors que la Commission européenne a constament refusé de mener une étude d'impact sur les conséquences d'ACTA pour les libertés fondamentales, elle est désormais décidée à jouer la montre face à l'opposition citoyenne grandissante.
Même si le texte de la saisine de la CJUE n'a pas été publié, l'approche annoncée par la Commission européenne est étriquée et purement juridique. D'importantes questions ne seront pas posées, et resteront donc sans réponse :
Une interprétation maximaliste des sanctions pénales inclues dans ACTA (pour « aider et faciliter » des infractions à « l'échelle commerciale ») peut-elle être utilisée par l'industrie du divertissement comme une arme d'intimidation, pour pousser les acteurs d'Internet à déployer des mesures répressives contractuelles ?
Quelles seront les conséquences sur le débat public et les politiques publiques européennes d'une sanctuarisation de dispositions répressives dont on attend toujours les études d'impact, et qui sont fortement critiquées (telles que l'IPRED et l'EUCD) ?
Des dispositions touchant au processus décisionnel européen, à la libre circulation de l'information et à la liberté d'entreprendre sur Internet peuvent-elles être négociées au lieu d'être démocratiquement débattues, et être légitimes ?
ACTA est-il nécessaire alors que nous assistons à un conflit manifeste entre les politiques répressives du droit d'auteur et les libertés fondamentales, et que d'autres pistes sont envisageables, telles qu'une réforme positive prenant en compte les nouvelles pratiques culturelles ?
« La Commission européenne pose les mauvaises questions, parce qu'elle a peur d'obtenir les bonnes réponses. Elle tente d'empêcher la Cour d'évaluer l'impact d'ACTA sur les droits fondamentaux en prenant en compte ses interactions à la fois avec le droit européen existant et les révisions annoncées de l'IPRED [5] et de la directive «services en ligne» [6]. Dans cette perspective plus large, les effets dommageables d'ACTA sur les libertés fondamentales sont tellement évidents que l'avis de la CJUE n'est même pas nécessaire. » déclare Philippe Aigrin, co-fondateur de La Quadrature du Net.
«ACTA est dangereux parce qu'il cherche à contourner la démocratie, et parce que son texte peut donner lieu à des interprétations ultra-répressives par les pays signataires et les juges. La Commission semble craindre que l'actuel débat enflammé sur ACTA, ainsi que la prise de conscience grandissante que le système actuel ne fonctionne plus, n'aboutissent à une nécessaire réforme du droit d'auteur en faveur de la culture et de l'innovation à l'ère numérique. Aucun débat juridique ne donnera à l'ACTA une légitimité que, par nature, il ne pourra jamais avoir. » conclut Jérémie Zimmermann, porte-parole de l'organisation citoyenne.
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merci de l'info.
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